Chronique d’une quarantaine annoncée (1)
Y’a des moments comme ça, faut se rendre à l’évidence.
Ca change imperceptiblement. On s’en rend pas compte tout de suite. Surtout quand, en plus, c’est pas quelque chose qui vous obnubile à la base.
Et non, mon poids ne m’obnubile pas.
Chuis ni grosse, ni maigre, je ne passe pas ma vie à penser à mon poids, ni à grimper sur une balance. Celle de ma salle de bain sert plus à l’Homme qu’à moi (wé, j’dénonce).
Je ne me prive de rien. Surtout de rien. Ok, j’aime pas le chocolat, le Nutella me laisse de marbre et je ne comprends pas qu’on puisse se damner pour un Twix. Mais par contre, je vendrais ma propre mère pour des marrons glacés, du Champagne, des cuberdons et du Red Bull par pack de 25. Pas light, le Red Bull, merci.
Je la vendrais aussi pour une soirée fromage avec vin rouge à volonté.
Pardon maman.
Bref.
Les régimes, c’est pas mon truc. J’en ai fait un, une fois, à 18 ans, j’ai perdu 4 kg, je suis partie faire la fête dans le Bordelais chez mon père, je suis revenue, j’avais tout repris. Ca m’a vaccinée à tout jamais du truc. Du régime. Pas du Bordelais.
Donc mon régime pour les 21 années à suivre a été : les lendemains de fête, quand j’ai pas faim, je mange pas. Et cela s’est étendu à « quand j’ai pas faim, je mange pas », tout court, même sans fête. Et ça marchait pas mal. Même après une grossesse où on a pris 19 kg. J’ai trouvé le moyen d’en reperdre 21. J’avais pas faim, je mangeais pas.
Je trouvais ça assez logique.
Sauf que là, y’a dû avoir un bug dans ma logique.
Ou alors c’est la quarantaine qui arrive.
Ou alors le bug, c’est la quarantaine. Ca peut aussi.
Soit. J’ai grossi.
Oooooh, pas vite. Pas trop fort. Pas trop mal.
Juste un pli ici, un bourrelet là. Insidieusement. Du genre on a du mal à rentrer dans son pantalon mais on peut encore le fermer. On doit pas faire un trou en plus à sa ceinture mais on ferme au trou suivant. On se sent pas mal quand on monte les escalators du métro rapidement (oui, je suis une folle qui n’aime pas rester sans bouger dans des escalators) mais on est plus vite essoufflée. Et j’en passe et des meilleures.
Jusqu’au jour où, là, le pantalon ne ferme plus.
HEIN ??!!!!
IL NE FERME PLUS ??!!
…
Non. Même en poussant le bourrelet. Même en rentrant la graisse. Même en s’étendant sur le lit. Même en sautant le repas du soir.
Il ne ferme plus.
Et là, en sueur, on monte sur la balance (message à l’Homme : vas-y, ricane).
On a pris… heu… des kg.
Combien ? Ben ça dépend, en fait. Depuis le jour où j’ai accouché ? Le jour où j’avais 21 kg de moins ? Ou le lendemain de la dernière fête bien arrosée ?
COMBIEN ?
Ok, ok. Trop.
Surtout pour mes pantalons. Qui se mettent à ne plus fermer chacun à son tour. La belle bande de vaches.
Donc voilà. Va falloir rééquilibrer tout cela.
A près de 40 piges.
Je ne vais pas passer de la nana qui ne se préoccupe pas de son poids à celle fixée sur la chose. On ne change pas une femme du tout au tout.
Mais force est de constater que de la phrase « la quarantaine chez la femme, c’est l’âge de la plénitude », mon corps a surtout retenu le mot « plein ». On n’a pas la même définition de la plénitude, lui et moi.
Et que donc, je vais devoir lui apprendre la mienne de définition. Patiemment. En douceur.
Mais avec un peu moins de Champagne, de cuberdons et de marrons glacés. Je vous avoue, je ne sais pas si l’explication va bien passer.
Oh purée, je la sens mal, cette quarantième année !
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