Le père Noël, il bosse
(attention spoiler, ce texte contient des informations confidentielles, si vous croyez encore au Père Noël et que vous ne voulez pas connaître la fin de l’histoire, coupez tout)
La vie est dure pour les rêveurs…
Comment faire croire aux gamins en Saint-Nicolas, en Père Noël, en la petit souris dans ce monde où, au mieux, on utilise ces petits coins de rêve comme affiches promo pour vendre des trucs puants, au pire, on gueule qu’ils n’existent pas et que l’espoir n’est pas de mise dans ce monde pourri.
Wé, rude temps pour les rêveurs, vraiment.
Pourtant, j’en ai un, de petit rêveur. A domicile. Qui, je le sens, va un peu morfler plus tard, ou alors qui devra bien, bien se blinder face aux vicissitudes de la vie.
Il y croit dur comme fer, aux choses magiques. Et ok, même s’il veut rester éveillé pour coincer la petite souris (« elle doit pas être si petite, pour finir, y’a moyen, non ? »), le reste, il ne veut rien savoir : c’est magique et ça doit le rester.
Et aux copains qui me posent la question : « mais vous lui diriez pas la vérité, là ? Purée, il doit savoir que la vie, c’est pas rose et paillettes, faut arrêter de rêver, quoi ! », je réponds que la théorie « la vie, c’est de la merde et tu dois le savoir, mon enfant, surtout tiens la tête bien enfoncée en dessous, n’espère pas autre chose » n’est pas trop ma tasse de thé. C’est même pas ma tasse de thé, du tout, en fait. Et, de ce que j’ai lu (faut que je retrouve les sources, là), je fais bien. Selon un sondage, les enfants qui ont cru au Père Noël (à Saint-Nic et autres) deviennent des adultes plus optimistes et plus confiants en eux et en la vie. Et, soit dit en passant, pour la réussir, sa vie, vaut mieux y croire un minimum, non ? Car sans cela, on se fiche la tête directement dans le four en allumant le gaz, c’est plus simple (sauf si vous avez un four électrique, là, ce sera plus long).
Croire que oui, y’a des trucs un peu magiques qui se passent sur cette Terre est l’apanage de l’enfance. C’EST l’enfance. Ne leur enlevons pas cela, c’est une étape indispensable à la construction de tout être humain.
Je ne dis pas non plus qu’il faut en rajouter, hein. Pas jouer le demi-débile qui maintient que Père Noël existe quand le gamin n’y croit plus sous prétexte que c’est beau, c’est magique. Non, juste accompagner un bout du rêve. Ni plus, ni moins.
Et puis les enfants intègrent déjà très bien certains paramètres de la « vraie » vie dans leur rêve.
Le petit de l’Homme est, comme tous les enfants, exposé à des tas de faux pères Noël pour l’instant. Malgré le fait que, non, je ne l’aie jamais emmené faire la queue dans un grand magasin ou un centre commercial pour recevoir deux bonbons et une photo mal cadrée (j’aime pas ça, je trouve cela glauque, tapez-moi dessus, j’assume), il en rencontre quand même beaucoup.
Et à chaque fois, j’ai la même remarque, avec un soulèvement de sourcil : « Hé, c’est pas le vrai, celui-là, hein ?! » (c’est un rêveur, ok, mais faut pas le prendre pour un couillon non plus, c’est pas forcément synonyme)… Et à chaque fois, je suis bien emmerdée face à la question, je dois lui répondre quoi, moi ?
Et, là, soulagement, il a trouvé tout seul la réponse à sa question :
« Ben nan, tu sais, c’est pas le vrai ! T’as vu, on est le 24, il doit distribuer des tas de jouets cette nuit, à des tas de gens, il a pas le temps de traîner dans la rue ! C’est un monsieur déguisé, là, le vrai Père Noël, il bosse, lui ! »
Cet enfant deviendra peut-être un vrai idéaliste, mais il aura compris un truc : pour que les choses avancent et soient faites à temps, faut bosser !
Hé, c’est utile, quoi, de croire au Père Noël, finalement !
Allez, joyeux réveillon à tous et remerciez le vrai Père Noël pour moi si vous le croisez !
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