Du bon usage de la levrette en politique
La vidéo qui fait le buzz en Belgique pour l’instant concerne la bourgmestre (aka maire pour nos amis français) d’Alost, Ilse Uyttersprot . Cette dernière a été prise, il y a 4 ans de cela déjà, en flagrant délit de pratique intensive du KamaSutra (enfin, surtout de la levrette) en haut de la tour d’un château avec un monsieur plutôt vachement coopératif.
Pas de bol pour eux, un groupe de touristes les a filmé. Et pas de bol pour eux bis, la vidéo a été postée sur youtube et ils ont été reconnus par des gens qui passaient par là (pompopopopom).
Il aura fallu attendre 4 ans pour que la bourgmestre soit reconnue et pour que la presse s’empare de ce non-événement (dois-je rappeler combien de coïts ont lieu à la seconde même où j’écris ces mots ? Et personne n’en fait tout un pataquès pourtant ). Et aussi pour que les gens s’emballent autour du droit à la vie privée et de ce que doit faire ou ne pas faire une bourgmestre.
Alors, je vous arrête tout de suite. Vous ne lirez pas ici que je suis effarée que cette vidéo ait été postée sur tous les sites de presse et qu’elle fasse les choux gras de bon nombre de médias (mais vous le lirez chez Anne et elle motive extrêmement bien son point de vue) parce qu’effarée, de fait, je ne le suis pas. Non.
Pour moi, quand on fait l’amour dans un lieu public, même si on perd joliment la tête au moment de l’acte, on sait pertinemment bien que, de un, c’est interdit (par la loi, si, si, ça s’appelle « atteinte aux bonnes moeurs » dans mes vagues souvenirs de cours de droit) et que, de deux, cela peut être vu par les passants (et, souvent, ça l’est). Et je sais de quoi j’cause, si j’avais posté la vidéo à chaque fois qu’il m’est arrivé, plus jeune, de faire la bête à deux dos autre part que sous le toit familial, je ne serais pas en train de ramer à écrire un billet quotidien pour tenter de fidéliser mon lectorat. Il le serait, fidèle, mon lectorat. Sans soucis.
Rajoutez à cela qu’aujourd’hui, à l’ère où tous les téléphones portables sont dotés d’une caméra (pour avoir longuement cherché le téléphone parfait comme cadeau pour ma mère pour sa dernière fête des mères, je peux vous dire que j’ai intensément étudié le sujet), la possibilité d’être filmé est plus que hautement probable, voire quasi systématique. Je peux témoigner sur ce point aussi, je suis entourée de gens qui dégainent leur téléphone et filment plus vite que leur ombre (j’entends une voix là-bas au fond qui crie « hé ho, tu fais pareil ! » Ben oui, je fais pareil, mon bouchon, j’ai jamais dit le contraire).
On peut hurler que les gens sont horribles, qu’ils sont cons, que c’est indécent, qu’il faut légiférer, que c’est « bien, que c’est « mal ». Certes. Mais pour l’instant c’est comme ça.
Et une fois qu’une vidéo est sur youtube, bien en peine sera celui ou celle qui voudra l’arrêter. La faire enlever dudit site est possible, mais l’empêcher de se propager sur d’autres sites de partage de vidéos tient du tour de passe-passe.
Alors, en attendant que le législateur nous sorte une loi en amont qui protégerait le droit à l’image des personnes filmées (mais elle va être coton à pondre, cette loi-là), on ne peut que prendre soi-même des mesures pour ne pas figurer en trop mauvaise posture sur certaines vidéos.
Ok, ce n’est pas toujours possible.
Et ok, faire l’amour au milieu des vieilles pierres, avec une vue imprenable sur le paysage alentour, est certainement un plaisir qui en vaut la chandelle (sans mauvais jeu de mot).
Mais alors, dans ce cas, inutile après de jouer la vierge effarouchée et de se battre pour faire retirer toutes les vidéos. Pour finir, ce qui est fait est fait et l’assumer au mieux est encore la meilleure des positions (oui, là, j’avoue, je l’ai écrit exprès, y’a pas de petit plaisir). Quel mal y a-t-il à se faire du bien ? Je le répète, pour moi, il n’y a pas mort d’homme. Il n’y a pas appel au génocide (au contraire !), il n’y a pas acte mal intentionné (au contraire, bis).
Evidemment, reste la réaction des autres. Qui en profiteraient (comme certains médias) pour demander sa démission. Hurler au scandale. Trouver son comportement inadmissible. Et ainsi faire preuve d’une mauvaise foi sans faille.
A l’heure où Youporn et les films porno disponibles à foison en téléchargement gratuit font entrer le porno en grande pompe dans tous les foyers, à l’heure où un couple qui baise fait vendre, au choix, une bagnole, un grille-pain, un yoghourt, tout ça en même temps, on parviendrait encore à crier au scandale parce qu’une élue apparaît une minute dans une vidéo où on la voit, surtout, bouger en rythme, appuyées à des vieilles pierres ?
On hurle au scandale. Moi, je hurle à l’hypocrisie. Chacun son cri de meute.
Mais que pourrait-on, dès lors, conseiller à Ilse ?
- soit de partir en vacances dans un pays pluvieux (tant qu’elle voudra faire carrière en politique, du moins) ou froid, très froid (la Laponie est un endroit merveilleux), mais c’est pas très exaltant
- soit de se tenir au courant des avancées technologiques (une balade à la Fnac fait l’affaire en général, pas besoin de plus) et d’assumer ses actes.
Aimer s’envoyer en l’air n’est pas synonyme de maladie mentale, ni d’incapacité à gérer une commune. Les deux choses n’ont, d’ailleurs, aucun lien entre elles.
Et d’un coup c’est là que je me dis que les négociations communautaires devraient vraiment déboucher sur l’instauration d’une circonscription fédérale.
Et qu’Ilse devrait se présenter aux élections fédérales.
On pourrait toutes et tous voter pour elle.
Car, là, c’est sûr, moi, je vote d’office pour elle. Des deux mains et le sourire aux lèvres.
Ilse, premier ministre !
(bon, ok, on va quand même vérifier son programme électoral)
(Mais, n’empêche, si quelqu’un a une bonne adresse de château fort pour moi… )
(Ce texte fait partie de la série lancée par le Pari de Marie)
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