RHAAAAAAAAAAAAA !
Voilà, on y est.
A 15h35 très précisément aujourd’hui, j’aurai 40 ans.
L’enfer, l’horreur, la panique.
Ou pas.
Tous ceux qui sont déjà passés par ce moment fatidique (oui, il y en a qui y survivent !) me font l’éloge de la quarantaine. Un âge magnifique, complet, béat, où on surfe sur une plénitude sans fin et se noie dans le Champagne rosé.
Je les soupçonne d’en faire un peu trop. Mais c’est gentil de leur part, c’est mignon de vouloir me rassurer.
…
Ca ne me rassure absolument pas.
(patapé)
J’ai 40 ans, laissez-moi avaler la nouvelle. La remâcher, la digérer, l’ingurgiter.
Mais qu’est-ce qui va changer dans ma vie, me direz-vous ?
Strictement rien !
A part un « 4 » devant mon âge ! (et encore, j’ai passé l’âge -justement- de devoir l’écrire à tout bout de champ)
Hé ben, c’est bien là, le problème.
Y’a RIEN qui va changer.D’un côté, c’est nul (on pouvait espérer que George se rende enfin compte que mes 40 ans me rendent atrocement sexy, que je gagne au Lotto sans y jouer, que Spielberg se dise que sans moi, son prochain film se fait pas, et j’en passe et des meilleures)…
… mais d’un autre côté, ok, ok, c’est plutôt une vache de bonne nouvelle.
J’ai pu tester l’affaire pas plus tard que jeudi soir, d’ailleurs.
Invitée au vernissage d’une exposition de photo de Joséphine Douet à Paris (je conseiiiiiiiiiiille, si vous passez par là, faites-y un tour !), je m’étais dit que cela n’allait pas le faire. Un boulot de fou, des finances pas au beau fixe, des horaires ultra-serrés et des aller-retour Paris-Rotterdam-Bruxelles un peu trop fréquents ces derniers temps… (ma carte Thalys me remercie, notez). Ce n’était PAS RAISONNABLE.
Merdum, j’allais avoir 40 ans quand même ! N’était-ce pas un peu le moment d’enfin devenir cette nana réfléchie et sérieuse, organisée et responsable que mon grand âge me demandait d’être ? Il fallait me faire violence. Je me répétais en boucle « mais quand vas-tu devenir adulte, Marie ??? ». C’est clair que si je n’y arrive pas à 40 ans, on peut commencer à s’inquiéter…
Non, sérieusement, sauter dans un Thalys pour arriver à Paris à 20h30, faire la fête, dormir 3 heures et repartir le lendemain à l’aube pour être à 9h00 au boulot, c’était bien à (presque) 30 ans, pas à 40 !
« Tu reviens à quelle heure, demain matin ? »
L’Homme, lui, pourtant, a bien compris que 40 ans, cela n’allait pas changer ma (notre) vie.
« Ben qui te dis que j’y vais ??? »
« Hé ho, ça va, hein, ça fait 20 ans que tu ne changes pas, tu vas pas commencer maintenant ! »
J’ai pris le Thalys. J’ai débarqué à l’hôtel où les copines avaient déjà pris leur chambre. Le réceptionniste m’a reçu avec un sourire en coin « z’êtes pressée ? ». Ai failli lui répondre « Oui, si on ne l’est pas à 40 ans, quand peut-on l’être, hein ??? » mais je soupçonne qu’il n’aurait pas tout saisi.
Vernissage, champagne, photos, amies.
Et puis, et puis et puis… Un hôtel époustouflant, une salle en haut à l’arrière, un lit pour manger, une armoire pour fumer, une chaise roulante qu’on pousse en hurlant de rire dans la chaleur de la nuit, des pieds nus, une discussion sur les moustaches et l’importance du porno des années 70, des déclarations d’amour. Des déclarations de folie. Des déclarations de vie.
Et des yeux qui brillent. Pas juste à cause du bon vin. Ni même d’une tuerie de cocktail. Pas même à cause du champagne. Tout simplement à cause de la vie.
La vie, bordel, la vie.
Et cette envie de la mordre, de la griffer, de la tordre, de la soumettre et de lui faire crier grâce.
De la faire exploser et d’en jouir.
Aujourd’hui, j’ai 40 ans.
Aujourd’hui, comme tous les autres jours, je vais pouffer de rire, aimer, râler, angoisser, courir et savourer.
Et je vous promets, je vous promets, que JAMAIS je ne deviendrai raisonnable.
Encore moins à 40 ans, qu’à 20…
Sinon, quel serait l’avantage de vieillir, hein ???!!!!



0 COMMENTAIRE